Complotisme, révélations et archéologies alternatives,
- Romain Delaire
- 15 avr.
- 4 min de lecture
Beaucoup d’informations, de travaux, de témoignages et de démonstrations sont disponibles dans le monde connecté que nous connaissons.
C’est un régal pour le muscle des croyances, des projections, de la compréhension de soi et du réel dont nous faisons l’expérience.
Mais l’époque où le récit du journal de 20h était la vérité collective n’est pas si lointaine. Et surtout, c’est notre crédulité à choisir un camp, à utiliser l’information comme ça nous arrange pour justifier ce qui nous plaît, qui n’est pas révolu.
Toutes ces nouvelles sources d’informations à la fois précieuses et révolutionnaires ne vont pas sans un sens du discernement et surtout une conscience de l’essentiel qui sont au stade du balbutiement pour notre collectivité occidentale.
Il faut bien voir que les histoires qui nous apprennent que nous sommes des esclaves génétiquement contraints à servir une matrice quelle qu’elle soit, comme les histoires qui nous apprennent que nous sommes des dieux heureux de n’être que des humains pour le temps qu’ils ont choisis, quand ces histoires nous éloignent de nous, de nos sensations, de nos perceptions et surtout de notre responsabilité à vivre notre singularité comme une opportunité, alors nous retombons dans l’enclos idéologique de la manipulation par la peur et la division. Nous faisons cela tout seul. Avant même que nous le réalisions, nous analysons l’information comme une opportunité de sauter dans le bon wagon et de fuir le camp des perdants et des ignorants. Nous sommes comme les tradeurs qui cherchent les délits d’initiés. Ces marchands qui profitent d’être dans des cercles qui leur donnent les informations qui permettent de jouer sur les marchés sans prendre le risque de perdre puisqu’ils sont informés de ce qui va se produire. Cette compulsion intérieure à vouloir fuir la souffrance et s’assurer la jouissance même au détriment du bien commun est un automatisme auquel nous sommes entraînés culturellement depuis la tendre enfance et qui ne peut être désamorcé que par nous-mêmes.
Donc, soit nous sommes témoin, acteur, en contact, en capacité de transmettre des informations précieuses mais jamais déresponsabilisantes, et nous devons partager et transmettre. Soit nous sommes de ceux qui écoutent, entendent, rêvent et espèrent, et dans ce cas nous devons être très attentifs. Attentif à ce que l’information que nous consommons ne nous désaligne pas de notre joie, de nos responsabilités individuelles et quotidiennes, et de notre sens du discernement.
Quel que soit le niveau de manipulation, d’esclavagisme, de violence et d’entraves dont nous sommes les sujets, il existe toujours en chacun de nous une combinaison qui désamorce toutes ces réalités. C’est le libre arbitre, la générosité, la gentillesse, la fraternité et le respect de notre paix intérieure.
C’est à ces endroits que toutes ces histoires qui nous excitent, nous terrorisent, nous rassurent ou nous subjuguent n’ont plus prise sur nous. Ou plutôt n’ont plus de prises aliénantes sur nous.
Passer d’un monde bipolaire (le camp du bien contre celui du mal), à un monde multipolaire est une expérience extraordinaire. C’est vivre une transcendance de notre perception de nous-mêmes et de la réalité dont nous faisons l’expérience. Mais c’est aussi faire l’expérience d’une responsabilité individuelle bien plus engageante. Dans ce monde-là, nous devons nourrir intensément ce qui nous apaise, nous sécurise et nous permet de rester sainement nous-mêmes, parce que les sollicitations et les possibilités d’apprentissages et de développements sont démultipliées. Nos psychismes sont soumis à rude épreuve. Nos peurs, nos compulsions, nos habitudes de fuite et de projections déresponsabilisantes s’en trouvent amplifiées. Les occasions de se sentir perdu, insignifiant, incapable, en retard, abandonné, laissé pour compte et pas à la hauteur sont démultipliées.
Moi-même je me régale avec les travaux et témoignages de beaucoup d’entre nous qui partagent et transmettent sur des réalités qui ouvrent à des grandeurs inespérées autant qu’elles peuvent terrifier sur des possibilités que je souhaiterais ne jamais expérimenter.
Et puis, lorsque ces projections et ces effusions retombent, je me souviens. Je me souviens que je ne sais pas. Je me souviens que je sais. Je sais ce que je ressens. Je sens ce qui se passe en moi. Je sens ce qui se passe autour de moi. Je sais ce qui relève de mes perceptions et qui n’a pas besoin d’intermédiaire pour me valider ou m’invalider dans mon expérience de la réalité. Je me souviens qu’à cet endroit je suis un roi. Je suis le souverain qui est en responsabilité de choisir celui qu’il veut incarner. Je suis responsable de choisir et de sélectionner ce que je donne et prends, et ce que je ne veux pas laisser passer par moi. Cet endroit est microscopique par rapport à toutes ces grandes histoires, toutes ces possibilités qui semblent si vraies et réelles pour certains. Mais cet endroit est chez moi.
Je ne saurai peut-être jamais le fin mot de l’histoire. Je suis peut-être un mécréant qui enchaîne les erreurs et les péchés. Je suis peut-être attardé, pas aussi évolué et conscient que tous ceux qui ont le droit de vivre et de faire les expériences qui éclairent, illuminent et simplifient leurs perceptions de la vérité. Mais je suis bien là. Mon cœur bat, le vent caresse ma peau, mon corps me porte, ma joie, mon désir et ma générosité ont des projets, des envies de paix, des envies de tendresse, de fraternité, d’essentiel et de simplicité. Ça suffira pour moi. Avec ça je serai capable d’être un humain qui se tient, qui est là, présent, honnête et sur lequel les siens peuvent compter. Avec ça, je vivrai l’aventure de n’être qu’une des milliards de cellules de l’humanité. Une cellule qui se respecte, une cellule qui accepte de faire du mieux qu’elle peut maintenant avec ce qui est disponible, et qui mourra quand son moment viendra.
Si jamais la petitesse de notre expérience devient une difficulté devant la grandeur de ce que certains et certaines semblent vivre, n’oublions jamais que la grandeur de l’instant qui nous est offert ne dépend que de ce que nous en faisons. C’est moi qui décide de me comporter avec grandeur. C’est moi qui décide d’aimer, de chérir et de soigner comme si j’avais tous les pouvoirs de l’univers. Si jamais personne d’autre que moi ne sait cette vérité, moi je le sais, moi je le fais, ça suffira.


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