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Féminisme / Masculinisme,

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • 7 févr.
  • 6 min de lecture

Bon, tout ça ne raconte pas rien. Mais dans l’énergie, ce qui ressort tout de suite, c’est de la peur.

Je vais prendre cet angle et suivre le fil parce que moi personnellement, à priori, je m’en fous un peu de ce clivage.

Mais je vois que le sujet touche certains d'entre nous, et je veux bien découvrir ce qu’il dit aussi de moi, alors c’est parti.


Donc d’abord de la peur. La peur de se donner, la peur de se rendre, la peur de se faire prendre, la peur d’être abusé, la peur que son capital soit dilapidé, la peur d’établir son foyer et de faire de celle/celui avec qui on se lie, le premier parent de notre vie.


Donc on est sur des menaces de type « tu ne seras jamais à la hauteur de mon père / ma mère », « tu donnes-toi d’abord, que je vois si tu es à la hauteur ». Ça ressemble beaucoup à des anticorps produits en réponse à une injonction « tu dois te mêler à un/une autre ».


Ces réactions se produisent dans des milieux sous pression, pressé de prouver, pressé d’arriver, pressé d’avoir une place, pressé d’exister, pressé d’être à la hauteur de ce qui leur est légué. Et je veux qu’on entende bien ici, que quelque chose les presse. Ce ne sont pas des gens qui se pressent naturellement. D’abord quelque chose les pousse, les presse, les menace, les violente, les déshumanise. En conséquence, cette violence intégrée fait qu’ils s’infligent ce traitement eux-mêmes. Ils en deviennent responsables, certainement. Mais c’est un effet de groupe qui engendre une reproduction individuelle.


Il faut que j’aille dans les clichés bien réels du rapport à la consommation occidentale moderne. Puisqu’ici c’est ce dont il est question. Le couple, l’amour, la tendresse, la sexualité, la fraternité sont des objets de consommation. Et par « objet de consommation » j’entends « des objets qu’on veut intégrer sans vouloir qu’ils nous intègrent. Un partenaire dont je veux changer la vie sans qu’il change la mienne. Une sexualité que je veux vivre sans qu’elle ait des profondes conséquences sur mon équilibre énergétique. Une tendresse que je veux partager sans qu’elle change ma vision de moi et de mon monde ».


Il y a là-dedans une histoire d’escroquerie. J’en parle dans un texte nommé « Traumatismes et Superstitions, ou comment se détourner de sa mission généalogique », donc pour essayer de la faire courte ; ici, maintenant, cette culture occidentale est bien gérée par le mensonge et la dissonance qui va avec. C’est-à-dire que l’idéologie dominante veut s’élever, se réaliser à partir d’un idéal déraciné. Comme si l'être humain pouvait partir d’une feuille blanche pour inventer ce qu’il est. On est sur un enfant qui déteste et renie ses origines et veut s’inventer de toutes pièces, croyant qu’il va réussir à cacher les faiblesses et se passer des forces de son passé.


Donc, un peu comme dans un jeu vidéo, on s’imagine qu’on va pouvoir partir de zéro, choisir un sexe, un corps, une pilosité et mettre des points de compétences comme bon nous semble pour être une sorcière, un guerrier, une naine, un mage ou une princesse. Et comme le collectif veut y croire très fort, tout le monde y est encouragé.


Sauf que non. Le projet n’est profondément pas suffisamment sexy. C’est-à-dire que réussir à tutoyer l’idéal de ce projet ne lève vraiment pas beaucoup d’énergie, vraiment pas beaucoup de joie pour les rares qui se rapprochent de cocher toutes les cases. Et que c’est dur de faire machine arrière, surtout quand on se sent si proche du but.


L’incarnation humaine s’inscrit dans une lignée, une histoire, des ancêtres qui vibrent toujours en nous, un présent qui nous offre de faire le tri entre ce que nous choisissons de faire perdurer, ce que nous choisissons de désinfecter du passé, et une descendance qui est prête à donner un coup de main, se prépare à prendre le relais pour sublimer ce que ceux qui sont passé avant elle n’ont pas pu, pas su, pas eu le temps, pas eu le courage, pas eu la lucidité d’oser faire et/ou imaginer.


Là, dans ce projet, l’humain se réalise. Là, en s’inscrivant dans sa lignée, l’humain peut lever une énergie et donc une joie et une puissance d’agir colossale. Agir pour sa propre perfection, ça ne va pas pisser bien loin, agir pour porter les siens est un carburant qui change littéralement nos mondes, et avec plaisir en plus.


Donc ces mouvances Féminisme/Masculinisme semblent se positionner comme des remparts. Comme si un sexe disait à l’autre, « c’est tellement emmêlé que je ne sais plus discerner la générosité de l’escroquerie. Je ne sais plus vraiment où j’en suis. Mais toi qui veux ta place dans mon lit, s’il te plaît, ne viens pas me piller. S’il te plaît, faisons de notre amour, de notre alliance et de notre famille, un lieu de paix dans lequel les morales et les religions populaires n’ont pas leur mot à dire. S’il te plaît, choisissons de nous aimer comme nous sommes. S’il te plaît, aimons nos enfants comme nous le pouvons, mais ne soyons pas les collabos qui font respecter la dictature ambiante jusque dans leur salon ».


Et forcément, dans une ambiance de dictature du paraître, de la forme, de l’objetisation, de l’arrivisme et de la perfection extérieure, ce message peut sembler violent. Mais c’est cette dictature qui est violente. Le message lui ne dit que « pas de ça chez moi. Pas de ça pour mon amour, mes parents et mes enfants ».


Donc une femme qui ne cache pas qu’elle est une puissante sorcière et un homme qui ne cache pas qu’il est un puissant guerrier, et vice versa, dans un monde qui veut s’oublier, ça secoue. Mais merci messieurs dames de vibrer tout haut ce que tout le monde sent tout bas.


Évidemment qu’il y a des réglages à faire. Mais ne nous trompons pas, ceux qui se mettent en lumière ne le font pas pour des milliers d’autres, mais comme des fleurs qui font apparaître les couleurs qui séduiront leurs abeilles butineuses, nous nous mettons en lumière pour trouver les nôtres, et non pas pour plaire à tout le monde. Non pas pour dire ce que la vérité devrait être, ou prendre le pouvoir sur le monde. Nous pouvons y croire, parce qu’il est difficile d’assumer que nous ne marchons que pour notre lignée, mais au moment de choisir, de nous positionner, le sang parle toujours. L’amour parle toujours, les raisons profondes pour lesquelles nous sommes venues arpenter ce monde parlent toujours.


En tout cas, c’est mon expérience personnelle. Ma femme a changé ma vie. Consciemment et inconsciemment, je lui en ai demandé énormément, et elle en a fait autant. Nous avons douté beaucoup, longtemps, nous nous sommes méfiés et disputés beaucoup, longtemps. Nous avons tenu le coup autant volontairement que fatalement, et après les tempêtes, les cauchemars et les folies, je peux dire que grâce à elle, ce que je suis, ce que je peux, prend une dimension extraordinaire. Sans elle, je suis un mercenaire qui vend ses services aux plus offrants. Avec elle, je suis un roi qui respecte sa reine, soigne son royaume, et ne se bat qu’en dernier recours là où elle me demande de nourrir et protéger nos terres. Grâce à elle, notre intériorité est douce, tendre, vivante et est un lieu sain pour faire grandir des gamins. Grâce à elle, mon animalité est autant cadrée que sublimée. Grâce à elle, je peux m’affairer à simplement faire prospérer un foyer.


Cependant, rien n'est acquis, qui sait ce que l'avenir nous réserve. Mais avec ce socle, ces engagements, ces limites et ces règles, dont nous sommes les auteurs et les gardiens, c'est en équipe solidaire que nous faisons le chemin.


Je veux quand même ajouter une fondamentale précision à mon témoignage personnel. J’ai pu persévérer avec ma femme, parce que depuis le début, cette femme, je la sens jusque dans la profondeur de mes os. J’ai pu la suivre et lui demander de me suivre dans des endroits terrifiants parce que je sentais cette chose qui va au-delà de toutes les stratégies, de toutes les sagesses et de toutes les morales sur ce que l’amour est censé être ou non. Tout ça pour dire que, tant qu’on ne sent pas quelque chose comme ça, il n’y a rien de plus sain que de décider de ne pas aller plus loin.



 
 
 

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