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Il n’y a rien à vendre,

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • 26 janv.
  • 3 min de lecture

Rien à vendre dans ce business de la thérapie, de l’accompagnement, du coaching, parce que dans ces milieux, c’est le client qui fait tout le boulot.


C’est lui qui doit se sonder, et choisir la personne avec laquelle il se sent de se déposer. Et puis même une fois le processus commencé, c’est lui qui va nous montrer ce qui est mûr, ce qui est prêt à être reconnu, intégré et pourquoi pas utilisé.


Ce travail est avant tout un travail de présence, de disponibilité, d’accueil et de fraternité. Enfin, c’est par là que moi je le prends.


Oui c’est impliquant, et surtout comme je l'envisage. Je ne suis pas là pour me taire, laisser l’autre tourner indéfiniment dans ses sphères. Ma manière est de pointer, de refléter, de stimuler et de mettre ou remettre sur pied. Donc oui, mon implication est clé.


Mais j’entends trop d’invitations à l’éveil, au développement, au dépassement, à la régulation, à la sagesse et même au dépouillement. Comme autant de manières d’essayer d’exciter le chaland. Susciter le doute dans l’esprit de ceux qui sont clients que peut-être, ils ne sont pas suffisants. Peut-être qu’il leur manque quelque chose, une idée, une technique, un produit, qui une fois payé et consommé, changera leur vie.


C’est malsain de tirer sur cette corde. Certes, la plupart de celles et ceux qui abusent ne le font pas sciemment. C’est un langage, une posture, une idée tellement acquise que celle de notre insuffisance, et de l’évidence que nous devons nous donner du mal pour évoluer, changer, nous bonifier, nous désinfecter de la noirceur de notre vulgaire humanité ; que beaucoup ne réalisent même pas qu'en vendant leurs conneries, ils creusent le lit de leurs nuits d’insomnies. Je sais de quoi je parle, je l’ai fait. Je croyais bien faire, j’en ai payé le prix, je n’en suis pas fière.


Donc, au risque de ne pas être choisi. Au risque que ce que je vous propose ne soit pas suffisamment excitant, pas suffisamment grisant, délirant ou électrisant, chez moi vous ne changerez pas. Vous ne vous éveillerez pas, vous ne vous dépasserez pas, vous ne vous régulerez pas, vous ne deviendrez surtout pas plus sage et je ne vous dépouillerai pas !


Au mieux, chez moi, vous réaliserez que tout était déjà là. Pas juste comme une phrase essorée de développement personnel, vous réaliserez que tout était déjà là, et que vous avez choisi de ne pas le voir, de ne pas vous en servir, de ne pas l’honorer. Vous réaliserez que c’est vous qui, ne voulant pas de votre puissance et de votre vérité, avez monté de toutes pièces une histoire de chaînes, de barreaux, de méchants qui vous empêchent et de sauveurs qui vous délaissent. Ça, je vous le souhaite. Non pas que sur ce chemin il n’y ait pas de moments particulièrement délicats à traverser et digérer, mais je sais, pour l’avoir arpenté, qu’au bout de ce chemin il y a vous, capable, souverain, en pleine mesure d’assumer la responsabilité de dessiner la vie qui vous a toujours chantée.


Et au pire, chez moi, vous aurez trouvé un endroit où ce que vous aviez à déposer a été respecté. Ni validé, ni dénigré. Respecté pour la vérité que cette chose était réellement pour vous à ce moment-là.


Voilà ce à quoi je m’engage, voilà ce que je nous souhaite, voilà ce que je vous vends.



 
 
 

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