Le vide qui nous sépare et nous réunit !
- Romain Delaire
- il y a 2 jours
- 5 min de lecture
Qu’est-ce que c’est que ce titre perché, faussement profond et quantique ?!
Eh bien ce titre, mon ami, il cherche –peut-être sans succès- à résumer ce qui est à la fois notre plus grande faiblesse si nous l’ignorons, et notre plus grande force si nous l’assumons ! Tadada !
Aller, c’est parti !
Nous sommes séparés, tu n’es pas moi, tu n’es pas les autres humains, tu n’es pas les objets qui t’entourent, ni le décor, tu n’es plus ta mère ni ton père, tu n’es pas le ciel et tu n’es pas la terre !
Tu es maintenant une conscience singulière en responsabilité de cet amalgame de fragments hérité mais séparé de tout ce qui vient d’être évoqué ! Tu n’es plus ce qui vient d’être évoqué ! Tu te souviens avoir été ce qui vient d’être évoqué ! Tu sais, c’est comme la légende (ou pas), qui dit que quelqu’un qui reçoit une transplantation d’un organe de quelqu’un d’autre peut aussi recevoir des émotions, des mémoires et/ou des savoirs de celui ou celle qui lui a offert l’organe ! C’est l’idée !
Tu te souviens, tu sais ce que c’est d’avoir été tout ça, tu sens en tes profondeurs la vérité ressentie et perçue pour toutes ces formes de consciences qui ne sont plus toi ! Tu te souviens aussi de l’harmonie, du lien, de la connexion, de la puissante synergie que tu vivais en étant un élément parfaitement connecté à cet immense ensemble parfaitement orchestré ! On parle ici d’amour pur, de transparence, de reliance, d’une circulation d’énergie pure à des fréquences d’une intensité telle qu’elles ne sont plus qu’un lointain souvenir ! Mais tu t’en souviens ! Plus ou moins consciemment, comme le souvenir profond de savoir que nous sommes tellement plus, tellement plus aimant, tellement plus nécessaire, tellement plus relié, puissant, tendres, généreux, aidant et dévoué les uns aux autres que ce que nous avons l’habitude de nous raconter ici !
Et ça peut être dur, voire très dur à digérer, que de réaliser que maintenant tu es séparé de ces consciences, de ces formes, de ces corps, de ces cœurs et de ces mondes. Maintenant tu n’es plus ces consciences, maintenant tu es une conscience, un être unique, certes un assemblage qui est le produit de ces corps et de ces consciences, mais tu es unique, séparé, responsable de ta singularité, responsable de respecter ce que cet être unique veut, vibre, jouis, naît, vit et meurt !
Tu pourrais croire que tu es tombé, que tu as été destitué, que c’est quand même bien moins jouissif d’être cette unité séparée de ce qui l’entoure par un vide abyssal ! Tu peux le voir comme ça si tu veux ! Mais tu pourrais aussi considérer que tu as été promu, qu’après avoir profondément vécu ce que c’est d’être une cellule parfaitement synchronisée à son organisme, tu as maintenant la responsabilité d’apprendre à être cet organisme autonome, conscient de lui-même, unique, séparé, souverain, libre, non plus de répondre automatiquement à ta fonction attribuée, mais libre d’oser jouer et inventer ce qu’il te plaira, en Être responsable devant les milliards de cellules de ton corps dévoué à tes projets !
Cette vérité, tu tournes autour ! Les implications qu'elle représente sont vertigineuses, mais surtout la fin, l’abandon, les distances et les au revoirs qu’elle implique peuvent être déchirants ! C’est sur ton vide qu’ouvre ce déchirement !
Parce que pour récupérer les pleins pouvoirs de ta souveraineté sur le territoire de ton individualité, il te faut maintenant assumer de laisser le vide qui te sépare de tout ce qui n’est plus toi s’étendre encore et encore…
Il te faut oser te vivre perdu dans l’espace, dérivant vers une destination inconnue, entouré de plus en plus de vide, témoin de ton passé, de tes liens, de tes origines qui s’éloignent toujours plus jusqu’à disparaître en un point anecdotique !
Mais comment rester toi ? Comment respecter ce que tu as été et continuer de te souvenir d’où tu viens ? Ça, c’est le vide qui te l’enseignera ! Ce qui restera après tout ce qui aura été oublié révélera ce que tu es au-delà des mémoires, des projections, des peurs, des fantasmes et des espoirs ! En fait, tu es arrivé ici entier.e, tout ce que tu avais à être et faire était déjà là en toi ! Impossible pour quoi que ce soit d’altérer, de casser ou de contaminer ça ! Certes, l’apprentissage de la vie terrestre met des parts de toi en sommeil, en retrait, le temps d’apprendre à être, faire, t’exprimer et exister sous cette forme. Mais à mesure que l’adaptation se produit, les échafaudages mentaux, moraux, idéologiques, psychotiques et névrotiques peuvent être retirés !
Mais alors sur quoi vas-tu t’appuyer si tu ne t’appuies plus sur ces béquilles ?! Tu peux t’appuyer sur ton vide ! Tu peux t’appuyer sur ta joie, ta générosité, ta faim, ton désir, ton dévouement, ton autorité, ton instinct, ta soif et tes crocs !
Tu es maintenant adapté ! Tu fais maintenant partie intégrante de ce monde ! À toi de faire raisonner en ce monde ce que tu es aussi ailleurs et qui n’a jamais été déconnecté !
Ton existence humaine est gratuite, ce que tu en fais est payant ! Le sens de ton aventure est unique, là où il te plait de vivre, rugir, jouir et aimer vraiment ne peut t’être enseigné que par ton vide !
Ton vide était avant que tu arrives. Ton vide est pendant que tu vis. Ton vide sera toujours, quand tu partiras !
Ton vide est ton lien avec ce qui n’est pas de ce monde ! Ton vide te permet de faire descendre/monter du neuf en ce monde ! Sans vivre aussi de la danse que te propose ton vide, tu es un robot automatisé à faire et être sans âme, sans joie, sans créativité et sans passion !
Le vide est ce qui nous réunit tous ! Du plus bienveillant au plus crapuleux d’entre nous, le vide nous offre sa puissance, sa sécurité, sa paix, sa joie et son inspiration sans discrimination si nous décidons de le laisser nous enseigner ! Ce vide est littéralement la seule chose que rien ni personne ne peut t’enlever, quelles que soient les conditions dans lesquelles tu évolues !
A l'instant où tu décides de faire avec ce vide, de le respecter, de le sanctuariser, de l’apprivoiser et de ne laisser rien ni personne se mettre en toi et lui ; à cet instant-là tu deviens quelque chose qui ne manque plus de rien, se sait capable de ce qui lui plaît, et n’a plus besoin d’avoir envie d’être autre chose que ce qu'il est !


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