Lettre de Mars, Guerre et Paix,
- Romain Delaire
- 28 mars
- 4 min de lecture
Bonjour à toutes et tous,
C’est la fin du mois de mars, on est au printemps 2026, ça pousse, ça vit et malheureusement ça frictionne aussi.
La guerre, le réel, le conflit et la folie toquent à la porte. Que peut-on faire ?
Fermer les yeux risque de ne faire que repousser et amplifier la situation. Se jeter à corps perdu et jouer au héros serait un abandon de poste vis-à-vis du simple et du fragile qui dépend de, et compte sur nous.
Nous ne sommes pas grand-chose face à la gigantesque situation, et pourtant, nous en sommes réellement un maillon.
L’essence de la situation, le vers dans le fruit, c’est la corruption. Et nous avons tous été biberonnés à cette corruption, si bien qu’elle est une nature profonde pour nous. C’est normal pour nous de vouloir accumuler, consommer, jeter et laisser s’entasser. Ce qui compte, c’est notre place au soleil. Ce qui compte, c’est que nous, nous nous en sortions. Ce qui compte, ce sont nos prochaines vacances, notre prochaine sortie, notre prochain achat, notre prochain succès, notre prochaine évasion, notre prochain shoot. On est tous littéralement mouillés dans cette histoire.
Et pour construire cette place au soleil, ça en demande de l’énergie et de l’abnégation. Il devient donc toujours plus difficile de renoncer à mesure qu’on se rapproche du graal de notre désir. Et nous nous contaminons tous à nous encourager à légitimer tout un tas de désirs toxiques.
Et le calme, la présence, le silence et l’écoute de nos profondeurs s’éloignent petit à petit.
On purge, on purge, on purge. Tous responsables et tous sur le pont aussi pour en terminer avec nos ignominies.
Le choix du simple, du gentil, du généreux, du mesuré et de l’humain est un choix noble. Ce choix, nous pouvons le sanctuariser et redoubler d’efforts pour ne pas nous laisser exciter et déboussolés par les hurlements qui appellent à vouloir plus, à devoir être plus, à être capable de choses dont nous ne désirons pas les conséquences collatérales.
La guerre est là pour ça. Pour nous montrer ce que notre corruption et notre laxisme vis-à-vis de notre humanité et de notre fraternité produisent. Les évènements présents sont les conséquences de ce que nous avons été hier. Mais ils n’imposent rien de ce que nous pouvons choisir d’être aujourd’hui. Et être inspiré aujourd’hui impose de regarder et ressentir ce que nous avons été hier, ce que nous avons fait et laissé faire, ce que ça produit, pour pouvoir en connaissance de cause choisir ce que nous voulons être aujourd’hui.
Ça n'empêchera pas que nous devons payer l’addition de notre passé, mais ça donne une direction pour oser assumer hier et s’investir aujourd’hui.
Nos jardins, nos foyers et nos amours sont la priorité. En ces sanctuaires réside la sagesse qui fait du talent humain un art d’aimer et de choisir la beauté. Quand nous agissons à l’extérieur comme nous ne voudrions pas que soit traité notre intérieur, nous ouvrons grand la porte à la destruction de nos foyers.
La joie et la présence de ceux qu’on aime est le fruit de notre dévouement, et non pas le produit d’un sacrifice quel qu’il soit.
Il n’y a pas de plus grande source d’énergie que celle d’oser nous engager à nous aimer et nous respecter à la distance saine, à la distance douce, à la distance respirante.
Cette source d’énergie a toujours été entre nos mains, et le sera toujours. À nous de ne plus nous laisser dire ni qu’elle ne nous est pas disponible, ni qu'elle est négligeable. Elle est difficile à manier parce qu’elle dépend forcément de notre transparence et de notre engagement. Quand nous sommes transparents sur ce que nous sommes, et là où nous en sommes, alors nous sommes trouvables, compréhensibles, accessibles et aidables. Et pour que ça fonctionne, nous devons être véritablement engagés à faire famille, c’est-à-dire à protéger l’autre même quand nous pourrions profiter de son inconscience d’une situation ou d’une information pour en tirer profit.
Nous devons protéger et aider les plus petits, les plus fragiles, les moins informés, les moins conscients, les moins avertis. Cet aide n’est pas une prise de pouvoir, mais un engagement à mettre nos connaissances et nos compétences au service du bien commun.
La rétention d’information et de compétence pour obtenir un avantage matériel et/ou une position de pouvoir est un viol de la famille humaine. Et aucune circonstance ne justifie de faire cavalier seul. Oui, c’est un défi de marcher au rythme du plus fragile et du plus lent. Mais sans une application stricte de cette règle, la famille n’existe pas. Nous devenons alors corruptibles, nous vendant au plus offrant, et nous nous faisons décimés par des forces qui se jouent de notre désunion.
Quand nous osons nous unir, nous aimer et nous engager, la réalité change. La matière devient un support, le sens de l’existence prend une profondeur qu’aucun acquis matériel ne peut offrir. La matière devient le décor de nos histoires d'amour. Notre sentiment d’aimer et d’être aimé colore de nos profondeurs à tout ce qui nous entoure. Nous pouvons alors sentir le divin parce que nous acceptons que cette vie soit au service de notre généreuse existence. La matière n’est plus inerte, elle devient vivante, vibrante et joyeuse de nous accompagner sur le chemin de notre expérience amoureuse.
Voilà pour ce que je nous souhaite de jouer pour le mois qui se présente.
Merci à celles et ceux avec qui j’ai fait un bout de chemin ce mois-ci en lecture, en stage et en live.
Les prochaines dates de stages sont en ligne sur le site. Et vous pouvez me retrouver chaque vendredi à 21h en live sur YouTube. Les écrits et vidéos sont dispos sur le site et sur les réseaux.
Je nous souhaite la force de continuer de nous aimer passionnément autant que tendrement et respectueusement.
Bon mois d’avril à toutes et tous.


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