Peur de l’échec
- Romain Delaire
- 22 janv.
- 2 min de lecture
Ah, cette chape si réelle et si fantasmatique. Ce fantôme qui rôde, cet enseignant qui veille, chuchotant lorsque l’on flirte avec le bord de la falaise : « Vas-tu te laisser décourager ? Veux-tu réellement accorder du temps à toutes les raisons qui justifieraient que tu t’arrêtes, que tu t’éteignes, que tu te laisses tomber ? N’as-tu pas agi sincèrement ? N’as-tu pas osé généreusement ? Alors continue, apprends, améliore, réitère et ne crois pas que ta responsabilité réside dans ce que les saisons savaient faire germer. Ta responsabilité est de semer concrètement et honnêtement les rêves qui t’animent. Laisse ce qui te dépasse en faire des réalités ou des tentatives. Passe à la prochaine semaille, simplement, et puis si le téléphone sonne, si ce qui a déjà été semé se manifeste et demande de ton attention et de ton soin, alors tu y reviendras, tu agiras, tu seras là, tu accompagneras ».
En fonction de là où nous en sommes, en fonction de notre niveau d’appétit assumé et du volume de corrections par lesquelles nous osons nous laisser bonifier, cette altérité peut soit prendre la forme d’un fantôme tétanisant, soit celle d’un conseiller enthousiasmant.
« Mais jusqu’où veux-tu que ta voix se fasse entendre ? Jusqu’où ta vérité, ta singularité, méritent-elles de raisonner, d’ensemencer, de battre la mesure, d’alimenter les cœurs, de te revenir nouvelle et d’à nouveau par toi se reproduire, se renouveler pour repartir et revenir encore et encore. Peux-tu oser vivre dans un monde qui ne soit que toi ? Peux-tu oser entendre le monde à la mesure de ce que tu mérites d’être entendu ? Peux-tu respecter ce monde à cette même mesure ? Quand c’est le cas, ton terrain de jeu est la loi. Tes choix sont de l’ordre, et les réponses du monde sont de l’or ».
Être humain n’est pas une tare. Tes besoins d’humain ne sont pas dérisoires. Si du divin il y a dans ce monde qui te cadre, il commence et se termine par ce qui vitalise, sécurise et amuse l’humain que tu incarnes.
Pour celles et ceux qui veulent battre la mesure de cette simple mais disponible vie d’humain qui nous est confiée, on fait un bout de chemin ensemble au plaisir et/ou au besoin.








Commentaires