Le fameux libre arbitre,
- Romain Delaire
- 25 mars
- 3 min de lecture
Alors, il existe ou il n’existe pas ? On est des marionnettes cosmiques ou des dieux tout puissants, y compris quand nous expérimentons l’impuissance ?!
Ce ne sera pas le sujet de ce texte ! ;)
Non, ici j’ai envie qu’on se concentre sur ce qui nous dérange en nous et autour de nous. Ce qu’on pourrait appeler poliment nos imperfections et celles de ce monde, ou, moins poliment, ce qui est dégueulasse, flippant et à vomir en nous et dans ce monde.
Je voudrais qu’on garde les yeux ouverts sur cet axe pour observer l’opportunité qu’il représente.
Il y a en moi la possibilité d’un sale type, un con, un arriviste, un violent et un pervers. Et je vois bien qu’il y a dans ce monde la possibilité de prêter main forte à des sales types, des cons, des arrivistes, des violents et des pervers. J’ai mis tout ça au masculin mais la gent féminine n’est évidemment pas épargnée.
Donc en moi et autour de moi, ce choix existe. Un délire un peu puéril pourrait m’inviter à décider que ce choix potentiel, en moi, est une hérésie, et que ceux qui font ce choix à l’extérieur de moi sont des hérétiques. Je pourrais partir en croisade contre moi et contre ceux-là. J’aurais de quoi me battre pour des millénaires.
Ou alors, je pourrais rester à ma place. Je pourrais observer ce qui est. Je pourrais garder mon discernement en décidant de ne pas arrondir les angles : ce qui est dégueulasse et pervers, à mes yeux, est un fait. Mais je pourrais observer que rien ne m’oblige de l’alimenter. Je pourrais accepter que cette tendance soit toujours une possibilité, autant que la possibilité de choisir d’être un mec sympathique, généreux, honnête et protecteur.
Je pourrais accepter que cette tension entre ces deux possibilités soit, en quelque sorte, la personnalité de ce monde. Alors, cette tension serait quelque chose de permanent ici. Quelque chose auquel il me faut faire face chaque jour, à chaque instant.
Alors cette possibilité du pire deviendrait bien ma liberté de me donner les moyens du meilleur.
C’est ici que je voulais que nous arrivions. Le libre arbitre existe bel et bien. Et il n’est pas du tout subtil ou anecdotique. Il est très concret : qu’est-ce que je nourris ? Qu’est-ce que je protège ? Qu’est-ce que je respecte ? Comment je me donne les moyens d’encadrer sainement ce qui en moi me dépasse ?
C’est bien parce que je peux réellement devenir un type à gerber, et que je vois bien que certains font ce choix, que j’ai réellement et concrètement la possibilité de devenir un type aimable. Mon libre arbitre, c’est de choisir d’être, de découvrir et de devenir ce mec.
Rien ne peut m’empêcher d’être ce mec. Aucun contexte, aucun conditionnement ne peuvent m’arrêter, si moi je décide et j’alimente avec autorité que je serai un gars qui accepte son sort et qui profite de son voyage.
Ce choix sera toujours sous-tendu par le fait qu’à tout moment je peux réellement changer d’avis et renoncer. C’est donc difficile à exprimer mais, ici dans ce monde, il faut qu’il y ait des connards pervers et dégueulasses pour que je puisse avoir le choix d’en être ou non. Je ne sais pas métaphysiquement jusqu’où ça tient cette histoire, mais force est de constater que ce monde n’est ni à nettoyer, ni à purifier, mais bien juste une opportunité de dire moi aussi, comme chacune et chacun d’entre vous, ce que je veux être eu égard à la palette de choix dont nous disposons.


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