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Tu vas mourir.

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • 14 janv.
  • 3 min de lecture

C’est le message en dessous de bien des évènements, bien des problèmes/blocages que celles et ceux qui viennent me voir cherchent à déchiffrer.


Tu vas mourir, tu te prends au sérieux, et te prenant au sérieux, tu t’enfonces sérieusement dans des lourdeurs qui t’éloignent de ton essence et de ta joie. Lorsque cette boucle est activée, la lumière pour trouver son chemin doit provoquer un choc.


Hier c’était un problème de santé. L’homme qui est venu me voir angoissait pour un problème de santé qui faisait tache dans son idée de sa vie présente et future. Cette tache sombre dans son décor était en réalité la fissure par laquelle l’aide arrivait  jusqu’à lui.


Cet homme est volontaire, courageux, attentionné et travailleur en plus. Cet homme, rapidement conscient, dans sa croissance, de la force qui était à sa disposition, a sagement choisi de se mettre au service. Comme personne ne peut disparaître totalement, évidemment qu’il a trouvé des lieux pour décompenser sa frustration. Pour lui, le sport et la musique ont été ses plus fidèles peluches quand la tendresse et le jeu ont trop manqué. Mais il n’a jamais déserté. Il est resté là à porter tout ce qu’il pouvait. À prendre sur lui, à se laisser dire ce qu’il devait être et faire pour la majeure partie de son temps de vie.


Et puis ce problème de santé. Ce coup qui vient le saigner dans sa chair. Cette vérité sur sa fragilité et sa mortalité qui vient tout à coup prendre toute la place. Comme si toutes les suggestions, toutes les influences, toutes les morales et toutes les règles qui avaient motivé sa construction, en un instant étaient passées au second plan. Une loi plus fondamentale s’était fait entendre. Pas sans violence ni fracas, mais cette vérité au-dessous de toutes les autres, avec son lot de conséquences directes sur sa manière de vivre et de relationner, avait décidé qu’il était temps d’essentialiser.


Il faut du courage pour vivre dans un monde limité où chaque action entraîne des conséquences parfois vécues avec une extrême intensité. Ça, c’est accepter de vivre et prendre la responsabilité de son existence. Mais subir, porter les autres et/ou le monde, se laisser utiliser parce qu’on devrait réparer ou rétablir quelque chose de plus important que de simplement vivre sa vie, ce n’est pas du courage. C’est de l’aliénation, de l’esclavage, une condamnation.


Heureusement l’émotion est là pour rebattre les cartes lorsque la sclérose nous cloue au sol et nous éteint. Le futur nous parle et nous appelle. Le futur sème les indications pour le rejoindre. Il fait ça au travers des émotions que l’imprévu nous propose de ressentir. Ces émotions nous paramètrent, nous règlent et nous mettent à la place qui convient pour que l’adulte que nous sommes soit au service du gamin que nous sommes.


Comme pour cet homme, parfois le paramétrage secoue fort. Une idée d’un monde, une idée de soi, des fantasmes et des projections peuvent être violemment balayés.

Mais rappelez-vous qu’aussi reluisante puisse être votre image de vous ou de votre monde, si vous n’êtes pas sur un terrain de jeu sécurisant et amusant pour l’enfant que vous êtes toujours, alors vous êtes à côté de votre vie.


Ça se construit de s’offrir une vie joyeuse et sécurisante pour les enfants que nous sommes, et ça commence par décider que c’est la première des priorités.



 
 
 

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