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Sexualité sacrée,

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • il y a 5 jours
  • 4 min de lecture

Si l’autre n’est pas prêt à donner son sang pour toi, alors il ne doit pas avoir accès à ta sexualité.


C’était le message pour l’homme venu me voir hier.


On parle ici d’un homme d’une puissance impressionnante, et aussi d’un démon ordinaire comme il en est tant qui titubent en ce monde. Cet homme consomme, consomme et consomme. Tout ce qui passe sur son chemin est une occasion de brûler, de cramer, de casser et de prendre un pauvre shoot d’adrénaline.


On peut dire que c’est un sale type mais malin. Sale type parce qu’il sait sentir les faiblesses, les vices et les perversions des autres pour les amener là où il veut les consommer. Malin parce qu’il ne fait rien sans un consentement assumé.


Il vient me voir hier parce que pendant quelques semaines, il a presque cru pouvoir se sortir de toute cette merde. Pendant quelques semaines, une femme pas comme les autres a posé son regard sur lui. Il s’est souvenu de ce que c’est que d’être amoureux, et de rêver au calme, à la tendresse, à la protection et au dévouement.


Mais il l’aime encore trop son enfermement. Au lieu de se calmer et de laisser monter en lui l’idée que peut-être avec elle il pourrait faire ses valises et se dessiner une nouvelle vie, il a préféré l’attirer dans sa cave, pour bien vérifier qu’elle l’abandonnerait et confirmerait qu’il est condamné à subir et subsister de toxines en viande avariée.


Parce que oui, cet homme est aussi une victime empoisonnée. Il est utilisé par celles et ceux qui le sollicitent pour subir et porter ce qu’ils ne veulent pas régler en eux et avec les humains concernés. Cet homme ne demande pas de gentillesse, de tendresse, de fidélité et de loyauté. Il est d’accord pour tout subir, tout porter en échange de son shoot de macabre sexualité. Il est le rayon de soleil des menteuses, des lâches et des tricheurs, et il est aussi le monstre devant lequel on sourit mais derrière lequel on vomit.


Entendez bien que cet homme est seul. Il en est là parce qu’il n’y croit plus, parce qu’il est perdu.


Il a fallu que nous regardions en face ses responsabilités. Oui, il est responsable. Il est responsable de profiter de la lâcheté, de la fragilité et des traumatismes de celles qu’il consomme. Il est responsable de profiter de sa puissante position d’homme, pour abuser de celles qui ne réalisent pas qu’elles méritent avant tout d’être respectées et protégées par un homme. Il profite de celles qui sont perdues pour les enfoncer encore plus dans leurs enfers.


Et il a fallu que nous regardions en face la victime qu’il est. Son téléphone sonne quand, celles qui n’ont pas le courage de prendre leurs responsabilités, choisissent de se faire sauter pour oublier. Il n’est pas respecté. Il est craint et désiré comme un dealer. Mais personne n’est son ami. Lui qui se vend comme un généreux et un amoureux de tous, ne peut jamais déposer son visage sur une cuisse ou une épaule désintéressée.


Pendant notre échange, il a tout intégré, j’étais impressionné. Comme si enfin quelqu’un osait dire ce qu’il pressent là où personne ne lui prend la main pour l’accompagner dans ce présent.


S’il a bien senti le mouvement, ça ne l’a pas empêché de profondément hésiter. Parce que si cette manière de présenter les choses est vraie, c’est un long chemin dans lequel il faudra s’engager pour recouvrer sa dignité.


C’est comme ça que le message racine est arrivé. Tu peux te fier à cette simple règle : Si la personne qui veut avoir accès à ton corps, à ton intimité et à ta sexualité n’est pas prête à vivre avec toi les hauts, les bas, le quotidien et partager la vérité de ce que c’est d’être un humain qui, en ce monde, vit et meurt, alors c’est que la proposition est abusive. Et que les conséquences de cette union engendreront encore plus de dégâts.


En enfer, tout le monde se cannibalise. C’est le panier de crabe. On est à la fois pleinement responsable et pleinement victime. Il y a les deux faces à assumer et pleurer. Et pour se sortir de là, il faut décider de ne plus alimenter ce merdier et tracer sa route longtemps et loin de toute cette fausse loyauté. Toute cette fausse pitié et cette rapide adrénaline que produit le plaisir de casser.


Casser, briser, détruire et esquinter, ça défoule et c’est rapide. Prendre soin, être patient, choisir la paix et la douceur de l’instant, c’est engageant et ça prend beaucoup de temps.


L’enfer, c’est la reconnaissance et les louanges de l’extérieur. Le paradis, c’est la paix et la tranquillité avec l’intérieur. L’enfer fait beaucoup de bruit, occupe et sature les sens. Le paradis ne se voit pas, il est anonyme, il ne fait aucune publicité et aucun bruit. Le paradis, c’est juste à l’intérieur, être tranquillement et gentiment avec soi. C’est être doucement et tendrement affairé à prendre soin humblement des enjeux de l’instant.


Merci monsieur de votre transparence et de votre confiance. La voie est libre, je vous souhaite d’oser réparer ce que vous avez cassé, autant que de décider de faire passer votre dignité en priorité.



 
 
 

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