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Aucune loi ne t’enlèvera la jouissance de tes choix.

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • il y a 12 heures
  • 3 min de lecture

C’était le message en dessous de la venue de cette femme en séance.


Hier, une femme puissante, précautionneuse, studieuse et déterminée à s’offrir une vie qui a de la gueule, vient me voir pour exprimer sa culpabilité à l’endroit de certains de ses choix affectifs.

Dans l’honnêteté de sa démarche, elle m’explique les valeurs et notions qui justifient rationnellement ses choix, tout en témoignant qu’elle vient me voir parce que manifestement ça ne suffit pas à apaiser sa conscience.


Quelle honnêteté féconde et fulgurante.

Merci madame.


Elle touche un point essentiel. Madame est pratiquante de différentes méthodes et approches pratiques et théoriques sur le corps, la respiration et l’explication du fonctionnement humain.

Ce sont ses peluches à elle pour contacter l’amusement et la magie. C’est au travers de ces démarches, études et pratiques qu’elle a pu compenser une vie qui ne lui a pas suffisamment appartenu. Une vie dans laquelle elle a très tôt intégré qu’il lui fallait suivre, faire ce qu’on lui demandait avec pour nourriture en échange, les bonnes notes, les reconnaissances statutaires, et le droit de ne pas être attaquée.


Mais madame veut plus. En réalisant que d’autres s’amusent, qu’elle-même prend goût aux joies des jeux qui la révèlent, madame veut que son intimité soit un lieu de vérité et de chaleur. Elle est confrontée à un plafond de verre. Ses théories et pratiques, au départ enthousiasmantes, ne peuvent rien devant l’intensité provoquée par la puissance de ses choix.


Madame est en train de dépasser ses maîtres. Madame s’émancipe de la thérapie. Madame plonge dans le grand bain.


Effectivement, lorsqu’on s’est fait défoncé par la vie, lorsque le rêve est devenu un cauchemar et que survivre est devenu la normalité sans même qu’on se souvienne qu’autre chose est possible, alors oser dire parce que l’autre a osé le dire, oser faire parce que l’autre a osé le faire, sont des manières puissantes de se réapproprier son humanité. Mais ça ne peut pas durer éternellement.


Madame est en face de cette réalité. On utilise des tuteurs pour se redresser, et un jour on laisse tomber le tuteur et on assume de monter de soi-même vers notre grandeur. Un jour on assume que choisir est le premier des plaisirs. Un jour on assume que nos choix n’ont besoin d’aucune justification autre que notre désir de nous y aventurer. Un jour on assume que rompre et s’engager sont des délices qui nous sont disponibles et que notre intime élan est une raison suffisante à cette exploration. Un jour on assume que ce qui fait du bien à soi, ce qui sécurise soi, ce qui amuse soi, ce qui vitalise soi est la cardinale justification en soi à la manière dont nous sommes souverains de nos destins.


Après ces belles paroles réalisées, le chemin ne fait que commencer. Parce qu’alors, il nous faut pouvoir trahir. Trahir ce qu’on a vendu, trahir le rationnel derrière lequel on s’est caché pour nous rassurer. C’est un chemin accessible. C’est un chemin qui, au jour le jour, propose de remettre à jour, de libérer la place de toutes ces babioles qui nous ont été précieuses un temps, mais qui aujourd’hui encombrent la place de cette vie d’humain qui n’a plus besoin de se prosterner pour jouir de ses choix, de sa vie et de sa mortalité.


Merci, madame, pour le rappel. Que madame vogue tranquillement, il n’est pas d’humain sur cette planète qui ne tranche pas et ne façonne pas sa destinée par la folie de son désir de dessiner sa vie comme il lui plaît. Que ce soit conscient ou non, assumer ou non, énergétiquement, c’est bien de cette manière que les éléments dansent et virevoltent dans le rêve que nous partageons.



 
 
 

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