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Rupture amoureuse,

  • Photo du rédacteur: Romain Delaire
    Romain Delaire
  • il y a 6 jours
  • 3 min de lecture

Lors du live du 20 février dernier, Stéphane témoignait d’une rupture amoureuse qu’il ne réussissait pas à digérer.



Dans l’énergie de Stéphane, je suis arrivé chez un amoureux blessé qui n’osait pas pleurer. Comme si ses connaissances, sa sagesse et son recul habituel sur son monde étaient devenus un rempart contre la fragilité de son humanité.


Quand nous nous lions amoureusement, nous donnons de nous. Nous offrons quelque chose que nous ne récupérons pas. Inéluctablement, nous offrons à l’autre le pouvoir de nous atteindre profondément. C’est le jeu, rien ne peut se produire si nous ne nous donnons pas vraiment.


Quand la relation tourne à la rupture, nous prenons en pleine face le fond de ce que nous y avions investi. Beau et moche, bien et mal, tricheries et honnêteté, tout ce qui était en cours, en tension et en évolution se rompt. Énergétiquement, c’est un choc. Ce n’est anodin pour personne. Ça ne peut pas l’être.


Chacun a ses refuges, sa pudeur, sa manière d’essayer de faire passer la pilule.


Je vous encourage à ne rien chercher à faire passer. On se tient, on ne lâche pas les rênes de nos vies outre mesure, on continue d’assurer les affaires courantes, mais en dehors de ça, on peut prendre le choc de plein fouet. On peut se donner l’espace de pleurer, de rager, de hurler, de souffrir la vérité du vide qui nous saute aux yeux. C’est réel, c’est humain, c’est sacré. C’est obsédant, c’est traumatisant, c’est régressif.


C’est surtout à nous. C'est nos émotions, notre vie, notre histoire, notre vérité, notre sensibilité, notre humanité. Dans tout ça il y a notre ADN, notre singularité et l’accès aux profondeurs avec lesquelles il nous faut être familier. C’est dans ces profondeurs qu’il est possible de faire germer les racines de notre intime souveraineté. Notre intime connaissance de nous-mêmes. L’endroit où personne ne pourra jamais rien pour nous, parce que l’endroit où nous pourrons toujours tout pour nous.


Le choc, c’est le souvenir de cette vérité qui n’avait jamais disparu mais qu’on avait réussi à maquiller. La vérité selon laquelle personne ne nous sauvera de nous, personne ne nous changera la vie, personne ne nous évitera de vivre et de mourir avec nous.


Si ça peut en apaiser certains, la relation amoureuse, c’est un truc de fous furieux. C’est comme décider de monter une équipe pour aller braquer une banque. C’est décider de vivre une aventure qui va nous lier jusqu’au sang, qui va nous pousser dans nos retranchements, qui va nous essorer jusqu’à des limites que seules ceux qui l’ont fait peuvent imaginer. Une aventure qui va nous marquer et nous suivre jusqu’à notre mort. Donc ça n’a rien de lâche de ne pas se battre et ramper pour que ça continue si on ne se sent pas en sécurité, protégé et porté par quelque chose d’inexplicable.


Je pourrais dire que c’est quelque chose qui se réfléchit patiemment, mais c’est aussi exactement l’inverse. C’est quelque chose dans lequel on plonge instinctivement sans vraiment comprendre pourquoi. Mais en sentant que son corps entier est d’accord pour payer tous les prix qu’il faudra payer pour aller au bout d’on ne sait même pas quoi.


Oui, les ruptures préparent au grand voyage. Mais en attendant, c’est la paix avec notre sensibilité et la transparence de notre permanente fragilité qui offrent de faire de ce calvaire un refuge, un lieu de vie, d’instinct, de spontanéité et d’expression retrouvé de l’enfant qui n’a jamais cessé de nous habiter.


L’idéal pour les plus téméraires, c’est de profiter de la visite de cet endroit pour s’exprimer et témoigner de ce qu’on y ressent, de ce qu’on y vit, de ce qu’on y meurt. Quand on ose faire ça, on ose faire de cet enfer un joyau. On ose ne pas cacher qu’on y est, et témoigner qu’on est capable d’y vivre et de le traverser. Quand on fait ça, on laisse des cailloux sur le chemin pour toutes celles et ceux qui passeront après nous. Ça vaut le coup.


Merci à celles et ceux qui sont passés avant nous et qui nous ont donné le courage de traverser, de nous tenir et d’y croire.


Merci Stéphane pour la visite de ce lieu qui ne prévient jamais quand c’est l’heure d’y retourner.



 
 
 

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