Si j’étais garagiste,
- Romain Delaire
- 30 janv.
- 3 min de lecture
Si j’étais garagiste, il n’y aurait pas de confusion entre le moment où nous discutons et prenons tranquillement un café, et le moment où vous me laissez votre véhicule, que j’utilise mon expertise et mes outils pour prendre le temps de comprendre et réparer ce qui sur votre carrosse demande d'être bichonné.
Il serait facile pour vous d’imaginer que ce n’est pas parce que vous pensez savoir ce qui dysfonctionne dans votre véhicule, que vous avez raison, et qu’il me faudra un temps incompressible pour diagnostiquer et réparer rigoureusement.
Mais, quand on est énergéticien, qu’on partage facilement et joyeusement ce qu’on peut de ce qu’on sent, par passion et à raison, ça peut donner l’impression que c’est facile, et livrable rapidement sans engagement.
Non. Distribuer des petits coups de main, des astuces, des facilités quand c’est possible, c’est avec plaisir. Mais quand ça devient une facilité d’imaginer que vous pouvez poser des questions et demander des réponses, qui je le sens exigent de prendre le temps de faire un travail précis et rigoureux, là c’est comme me demander de déposer le moteur de votre véhicule pour changer sa distribution, et ce, en cinq minutes pendant qu’en plus on discute chiffon autour de notre fameux café (oui j’aime le café).
Ce n’est pas parce que ça paraît facile que ça l’est, et votre engagement financier, spatial et temporel change tout de la marge de manœuvre que vous me donnez pour prendre soin de ce que vous me confiez.
Cette posture peut entrer en conflit avec l’idée que ce travail serait l’exploitation d’un don, que prendre soin doit être un acte gratuit et désintéressé, sinon c'est du charlatanisme et/ou de l’escroquerie.
Alors, comme pour n’importe quel artisan, au départ il y a une prédisposition. Une sensation qu’en s’investissant dans cet artisanat, on participe à produire quelque chose de beau, et qu’on peut prendre soin de ce qui nous est confié comme on aimerait qu’un professionnel s’occupe de nous quand on décide de lui donner nos clés. Ça, c’est ce qui met le pied à l’étrier. Après, ce n’est que du travail, de la pratique, du perfectionnement et de la persévérance. C’est cette partie-là qui se paye, et qui met en confiance celui qui veut confier l’entretien de ce qui lui appartient, à quelqu’un qui aime vivre de sa passion, mais surtout est devenu expert du domaine de son artisanat.
Le domaine de l’énergétique dans lequel j’officie concerne la fluidité avec laquelle vous pouvez surfer votre présent comme un endroit à la fois sécurisant, stimulant et émerveillant. Cette réalité est accessible, c’est elle que je m’offre, et en expert je peux vous dire qu’elle est disponible à tous. Aucune circonstance n'est disqualifiante. Ce qui complique son accès, ce sont les vérités empoisonnantes que nous ne voulons pas lâcher. Et c’est tout un chemin, tout un soin, de respecter autant ces vérités, que de ne plus les laisser nous harceler.
Si j’étais garagiste, je vous dirais que j’ai les outils et les composants pour vous offrir plus de confort de conduite, des accélérations plus franches, une tenue de route tranchante, un freinage sécurisant et j’ai même des options de système audio qui peuvent faire de votre habitacle un studio. Mais, pour rester dans la métaphore, notre héritage culturel et spirituel nous faisant croire que nous devons nous obstiner à utiliser des véhicules vieillissants, sans les entretenir, persuadé que leurs dysfonctionnements sont des fatalités et qu’une fois le véhicule arrêté, il ne restera plus qu’à crever ; nous nous zombifions, attendant qu’une panne ou un accident nous contraigne à nous en remettre à un expert. C’est une posture de croyance idéologique, ce n’est pas à jour de ce que nous savons énergétiquement faire aujourd’hui.
Et pour les professionnels de mon secteur, je vous le dis, en assumant de demander les moyens dont vous avez besoin pour réaliser un travail dont vous pouvez être fier, vous attirez à vous des clients qui assument de vous confier quelque chose qui leur est cher et qui sont d’accord pour se donner les moyens de leurs besoins.
Autre point, nous ne sommes pas indispensables. Il y a toujours une ou un autre qui sera meilleur que nous. Le jeu n’est pas de faire croire que nous sommes incontournables. Mais, d’approfondir humblement, de se perfectionner dans la branche qui nous fait nous réaliser, et d’accepter les clients pour lesquels nous sentons que nous pouvons valoriser leurs sollicitations.
La voie est libre, les amis. Vous avez le droit de vivre de votre passion, sans quémander, vous travestir ou sous-valoriser les besoins qui vous offrent de livrer ce que vous savez manufacturer. Donnez, partagez, faites savoir ce que vous aimez et savez faire, cela sans limite, sans manigance, sans radinerie. Perfectionnez-vous, faites savoir les nouveautés disponibles dans votre magasin, mais ne donnez pas ce qui ne pourra être utilisé et valorisé que dans les conditions et avec l’expertise que vous connaissez.


Commentaires